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Le rôle de la police dans la lutte contre les crimes de haine : le cas du Service de police d’Irlande du Nord

Par Gary Reid, inspecteur en chef, Service de police d’Irlande du Nord Lisnasharragh

Le Service de police d’Irlande du Nord présente les meilleures pratiques dans son travail sur les crimes de haine - en termes de formation, de soutien juridique et psychologique aux victimes de crimes racistes, de coopération avec les ONG travaillant dans ce domaine, etc.

Le Service de police d’Irlande du Nord (PSNI) adopte une approche axée sur les victimes de crimes de haine. Il relève de la politique du PSNI d’accepter sans contestation le point de vue d’une victime ou de toute autre personne que le crime était motivé par la haine sur l’un des motifs définis. Un agent de police ne peut pas décider de ne pas enregistrer ou d’enquêter sur un incident ou crime de haine parce qu’il semble n’y avoir aucune preuve pour étayer une perception. Le PSNI estime que cette approche envoie un message fort que la police traite les victimes de crimes de haine au sérieux et qu’elle mène des enquêtes approfondies et objectives.

Actuellement, le PSNI reconnaît six types de crimes de haine : sectaire, raciste, homophobe, croyance/religion, handicap et transphobie. Le racisme compte pour environ 30% des crimes de haine en Irlande du Nord, avec le sectarisme en tête avec 60% de crimes de haine enregistrés. Les crimes de haine en Irlande du Nord sont estimés à environ 1,6% du taux global de criminalité.

Les buts et objectifs du Service de police sont d’enregistrer, de répondre et d’enquêter sur tous les incidents haineux signalés d’une manière cohérente, solide, proactive et efficace. Nous nous assurons que toutes les enquêtes sur les crimes de haine sont supervisées de manière appropriée. Alors qu’il relève de la responsabilité de chaque agent de police de faire face aux crimes de haine, certains agents reçoivent une formation supplémentaire.

Il relève de la politique du PSNI d’accepter sans contestation le point de vue d’une victime ou de toute autre personne que le crime était motivé par la haine sur l’un des motifs définis

Le rôle des agents qui luttent contre les crimes de haine (HSCO) est tenu par des officiers basés dans des unités de police de quartier (NPU) à chaque police de district. Le rôle inclut le suivi des incidents motivés par la haine et des signalements de tels incidents qui affectent les groupes minoritaires ou vulnérables. Actuellement le PSNI a 86 HSCOs au grade de sergent. Chaque victime d’un incident haineux se voit offrir l’assistance d’un officier NPU qui effectue le rôle d’agent de lutte contre les crimes de haine et reçoit des informations relatives aux organismes de soutien officiels et bénévoles locaux.

Les HSCOs doivent suivre une formation de 5 jours pour les aider à développer leurs compétences d’investigation. Cette formation est encore renforcée par le recours à des partenaires extérieurs qui leur octroie une formation sur mesure autour des questions de diversité.

Un diagnostic est effectué pour tous les crimes de haine après 10 jours et après 30 jours par les sergents et inspecteurs NPU pour leurs secteurs. En plus de cela, l’inspecteur NPU est tenu de contacter les victimes et de recueillir leurs points de vue sur l’enquête policière. Les crimes de haine sont également aléatoirement échantillonnés par les superviseurs de la police locale et par le département central d’’amélioration des services.

ONG

Les groupes consultatifs indépendants (IAG) offrent des conseils indépendants sur le développement et l’examen des politiques, procédures et pratiques de la police pour s’assurer que les objectifs de maintien de l’ordre avec la communauté sont remplies et pour éviter que le service ne désavantage une section de la communauté par un manque de compréhension ou des croyances erronées.

Les groupes consultatifs peuvent donner des conseils sur un vaste éventail de questions. Ils peuvent aider en offrant une perspective communautaire sur les programmes de la police et les stratégies relatives à la criminalité.

Service de défense

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Le PSNI finance un service de plaidoyer pour les victimes de crimes de haine. Il y a deux avocats qui s’occupent des crimes racistes. Leur rôle est de contacter chaque victime et de les orienter vers d’autres services tels que le conseil juridique, des organismes de logement, les services de santé et le soutien psychologique. L’association Soutien aux Victimes d’Irlande du Nord soutient cette initiative en tant que partenaire du PSNI pour ce service.

L’avocat aide également la victime dans le cadre de l’enquête policière et facilite le contact avec la police. Cette démarche est conçue pour donner confiance aux victimes pour qu’ils puissent signaler les crimes de haine à la police. Les avocats sont également chargés d’augmenter les signalements de crimes de haine raciste de 10% chaque année. Il s’agit d’une tentative de la police nord-irlandaise pour aider à lutter contre la sous-déclaration des crimes de haine à la police. Les avocats se réunissent avec la police chaque mois pour examiner les crimes motivés par la haine du mois précédent. Cela donne aux avocats la possibilité d’informer la police à la fois des bonnes et mauvaises pratiques rencontrées au cours de cette période. Cette mise à jour permet alors à la police de mieux répondre aux domaines de préoccupation de la victime.

Action pratique en cas d’incident de haine (HIPA)

L’initiative HIPA est financée conjointement par le PSNI et la Direction du logement en Irlande du Nord. Celle-ci prévoit une aide pratique aux victimes qui ont fait l’objet d’attaques à leur domicile. L’initiative fournit des serrures et remplace les vitres brisées, sans coût pour la victime. Ils peuvent également recevoir une alarme anti attaque personnelle s’ils l’exigent.

Législation

L’Irlande du Nord n’a pas de législation sur les crimes de haine, mais la peine peut être augmentée par les tribunaux en vertu de la législation suivante : Criminal Justice (No2) Irlande du Nord Ordre 2004 (NI Législation des crimes de haine). Celle-ci confère aux tribunaux le pouvoir d’imposer des peines plus lourdes lorsque l’infraction est aggravée par l’hostilité sur base - réelle ou présumée - de la religion, de la ‘race’, de l’orientation sexuelle ou du handicap de la victime.

Traduit par Nawel Guellal

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